Salle obscure - cover

La dernière des salles
obscures (2 tomes)

Dessin: Gillon
Scénario: Lapière
Année: 1996
Editeur: Dupuis
Collection: Aire Libre

Résumé:

Ce qui ne tient pas dans cette scène de repos d'amour, c'est la chaussette. Sans elle, une histoire connue : l'homme mendie, au fond des yeux de la femme, quelques années perdues. La femme, assez de jeunesse pour vivre dans l'amour. Ne vous fiez pas à l'atmosphère quiète de la chambre : leur passion est de celles qui défient l'âge - des gens et des murs tristes, et des posters orientalisants, et des 33 tours que gratouille l'électrophone, témoin discret des extases et des larmes. Mais la chaussette... À trente ans, l'amour ne donne pas froid aux pieds, même sous les décombres ! À moins que leur amour, ce n'est pas regarder dans le même sens... Mais voilà qu'on se fait tout un cinéma.

Hé, Monsieur le Producteur !
C'est à vous qu'on parle.
Raoul Rosensztroch, c'est vous,tout de même ? Et c'est bien vous sur le lit, en compagnie de Veronica Vrba, qui confond le printemps de sa beauté avec celui de Prague.
S'il vous plaît, dites-nous la vérité sur votre amour...

Texte © Dupuis

Paul Gillon

Ma rencontre avec Paul, pour hautement improbable qu'elle était, n'en fut pas moins quasi fusionnelle. Voyez plutôt : d'une part un jeune scénariste au talent balbutiant et d'autre part un véritable dinosaure échappé au massacre de cette génération de dessinateurs français qui, faute d'album, ont été oubliés si pas méprisés (je ne prendrai qu'un exemple : Poïvet) par l'ensemble du métier.

Paul avait des milliers de pages dessinées derrière lui, des années de publications dans France Soir comme dans Métal Hurlant, je n'avais scénarisé que quelques albums chez Dupuis et chez Dargaud.

gillon

Pourtant, le sujet, les personnages et l'histoire de « La Dernière des Salles Obscures » nous a réuni comme si nous étions frères de tranchée. Tout au long des 140 pages de ce récit, j'ai découvert en Paul Gillon un dessinateur d'exception (le seul , que je sache, qui dessine à main levée !), un collectionneur d'art, un critique rigoureux, un passionné.
Il a véritablement nourri « Les Salles » de son passé et de son présent autant que de sa phénoménale documentation.
Il faut avoir vu Paul marcher, tourner, autour de ses pages (au format hors norme) pour comprendre à quel point il est resté ce gamin avide de dessiner et de raconter qu'on est tous au début, alors que l'on rêve de faire ce métier.
Un gamin, certes, mais avec quelle classe !

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